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Avertissement de l'AFNIC sur : les noms de domaine internationalisés (IDN)

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Le 17/02/03

Le 12 février 2003, l’IESG (Internet Engineering Steering Group)
a publié le préfixe qui va permettre l’introduction dans le système des noms de domaine (DNS) des noms de domaine
« internationalisés », ou « IDN ».

Cette introduction sera plus ou moins rapide selon les extensions.
En effet, « l’internationalisation » du système de nommage
internet n’est pas une question d’ordre strictement technique.

Présentation des « IDN »

Les noms de domaine sont aujourd’hui limités aux caractères ASCII, c’est-à-dire « latins non accentués  » :
les caractères de la langue anglaise uniquement, auxquels s’ajoutent les chiffres 0 à 9 et le trait d’union.

Les noms « IDN » visent à permettre l’enregistrement de noms de domaine dans d’autres alphabets, et notamment les
caractères français. Par exemple, café.fr ou noël.fr pourraient tout à fait être techniquement valides une
fois ce nouveau système mis en oeuvre.

Les noms « IDN » reposent sur un « codage » des noms exprimés dans les divers alphabets en une chaîne spécifique
de caractères ASCII. Les noms « IDN » ne viennent pas modifier le système actuel : ils viennent s’y ajouter comme
on ajouterait une fonctionnalité permettant de le rendre plus proche de l’écriture.

Ainsi, le nom café.fr sera-t-il « codé » en ASCII sous la forme de xn--caf-dma.fr
(xn-- spécifiant qu’il s’agit d’un nom de type « IDN », et -dma représentant la codification
du caractère « é » dans le mot « café » ).

Enjeux et perspectives

Pour des millions d’utilisateurs dans le monde, le déploiement progressif des noms « IDN » peut supprimer
le barrage que représentait jusqu’à présent le nécessaire recours à l’alphabet ASCII.
Les pays asiatiques, arabes, les peuples utilisant des alphabets cyrilliques, scandinaves, hispaniques
ou autres pourront théoriquement d’ici quelques mois les employer dans internet.

Il en va de même pour les internautes français, qui pourront en principe conserver les mots de la langue
française intacts, sans « tronquer » leurs accents.

Problématiques juridiques et économiques

Si les enjeux en termes de respect des cultures sont indéniables, il ne faut cependant pas ignorer
les problématiques juridiques et économiques qui se posent dès lors que l’on veut faire évoluer
le système de nommage internet.

Juridiques tout d’abord, parce que l’ouverture des noms « IDN » pourrait entraîner une
vague de dépôts portant préjudice aux détenteurs de marques – ou simplement de noms « ASCII »
traditionnels qui risqueraient ensuite de souffrir des nuisances causées par ces tiers en termes de captation
de trafic par exemple (café.fr venant capter les visiteurs de cafe.fr).

Économiques ensuite, dans la mesure où les budgets nécessaires pour « protéger » une marque et empêcher les nuisances de
tiers sur ses variantes dans les différents alphabets pourraient très vite devenir importants.

Autre aspect des problématiques économiques, les noms « IDN » ne peuvent pas aujourd’hui être considérés comme équivalents
aux noms de domaine « classiques ». Certaines fonctionnalités comme les courriers électroniques ne fonctionnent pas encore,
et les moteurs de recherche ne les prennent pas en compte. Ces carences seront réglées avec le temps, mais il serait erroné
de considérer que déposer café.fr ou cafe.fr sera indifférent.

Les noms « IDN » peuvent donc être vus comme une opportunité, mais beaucoup de travail reste à accomplir.
Ce sujet est mis à l’ordre du jour des comités de concertation utilisateurs et prestataires de l’AFNIC en mars prochain (2003).
Le conseil d’administation d’avril 2003 délibérera sur les propositions de ces deux comités.

En savoir plus…

Annonce de l’IESG sur les IDN

A propos de l'Afnic

L’Afnic est l’Association Française pour le Nommage Internet en Coopération. Elle est l’office d’enregistrement désigné par l’État pour la gestion des noms de domaine en .fr. L’Afnic gère également les extensions ultramarines .re (Île de la Réunion), .pm (Saint-Pierre et Miquelon), .tf (Terres australes et antarctiques Françaises), .wf (Wallis et Futuna) et .yt (Mayotte).

Outre la gestion des extensions françaises de l’internet, le rôle de l’Afnic s’inscrit dans une mission d’intérêt général plus large, qui consiste à contribuer au quotidien, grâce aux efforts de ses équipes et de ses membres, à un internet sûr et stable, ouvert aux innovations et où la communauté internet française joue un rôle de premier plan. Ainsi, l’Afnic, association à but non lucratif, reverse 90 % de ses bénéfices à sa Fondation pour la solidarité numérique. L’Afnic est également l’opérateur technique de registre d’entreprises et collectivités ayant choisi d’avoir leur propre extension, telle que .paris, .bzh, .alsace, .corsica, .mma, .ovh, .leclerc ou .sncf.

Fondée en 1997 et basée à Saint-Quentin-en-Yvelines, l’Afnic compte aujourd’hui 80 collaborateurs.