Alors qu’après 14 ans d’attente, s’ouvre le 30 avril 2026 la fenêtre de candidature pour obtenir de nouvelles extensions internet auprès de l’ICANN
(Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), offrant aux organisations du monde entier l’opportunité de sécuriser leur propre extension internet en .marque, il est plus que jamais le moment de se poser cette question cruciale : dois-je candidater si une autre organisation détient le même nom de marque que le mien ?
Cet article analyse les enjeux, les risques et les opportunités pour aider les entreprises à décider de leur réponse à cette question tant qu’il en est encore temps. Les candidatures seront possibles jusqu’au 12 août 2026 ; passé cette date, il n’y a aucune information sur une potentielle nouvelle ouverture et son échéance.
Ma marque est-elle concernée ?
Contrairement à 2012, où le concept de .marque (brandTLD) n’était pas formalisé, le programme des nouveaux gTLD de 2026 reconnaît officiellement ce type de domaine de premier niveau. Des sections entières du guide du candidat (Applicant Guide Book) sont d’ailleurs dédiées à cette catégorie, lui conférant un cadre plus structuré et prévisible. Les organisations détentrices de marques enregistrées peuvent ainsi officiellement candidater pour un .marque et rejoindre les pionniers de 2012 qui représentent actuellement un peu plus de 500 extensions en activité.
Pour autant, le principe reste le même : une chaîne de caractères ne peut être attribuée qu’une seule fois en tant que domaine de premier niveau. Si une organisation partage votre nom de marque (situation loin d’être exceptionnelle, tant il existe de marques orthographiquement identiques dont les usages se déploient dans des secteurs ou des territoires distincts) et qu’elle dépose sa candidature tandis que vous demeurez inactif, elle a toutes les chances de se voir attribuer l’extension internet sollicitée. Et l’opportunité sera alors à jamais perdue pour votre marque.
Si vous possédez une marque qui correspond à un terme générique – par exemple « Orange » qui est une marque connue mondialement mais aussi le nom d’un fruit ou d’une couleur dans plusieurs langues – alors la question se pose doublement. En effet, en plus d’une candidature concurrente pour un .marque vous pouvez être confrontés au dépôt d’une demande pour un domaine de premier niveau de type « générique », catégorie dans laquelle il n’est pas impératif de détenir la marque correspondant à la chaîne de caractères pour laquelle on candidate.
Les cas de figure possibles suite à votre candidature
Vous êtes convaincu que vous ne pouvez pas prendre le risque de laisser l’opportunité de détenir un tel actif stratégique à une autre organisation que la vôtre et vous candidatez ; quels sont alors les cas de figure auxquels vous pouvez être confrontés après le jour de la révélation
(Reveal Day) quand seront dévoilées toutes les candidatures reçues
par l’ICANN en octobre 2026 ?
- Vous êtes la seule organisation à avoir candidaté pour cette chaîne de caractères. C’est le cas qui a été de très loin le plus observé en 2012. Sans concurrence, le processus sera plus court et plus simple pour vous. Le détenteur d’une marque identique pourra néanmoins utiliser la procédure d’objection à votre candidature,
la « legal rights objection », mise à disposition par l’ICANN et d’ores et déjà décrite dans le guide du candidat. Cette procédure représente cependant peu de risques et l’expérience de 2012 montre que les oppositions formulées n’ont pas abouti quand le candidat visé détenait bien des droits de marque et agissait de bonne foi.
- Vous n’êtes pas seul à avoir candidaté pour un .marque avec la chaîne de caractères demandée. Dans ce cas plusieurs options prévues par l’ICANN s’offrent à vous :
-
- Vous pouvez choisir de modifier votre candidature au profit d’une chaîne de caractères de remplacement que vous avez pu ajouter à votre dossier lorsque vous l’avez déposé
- Vous pouvez choisir de modifier votre dossier grâce à une procédure qui vous autorise à requérir une nouvelle chaîne de caractères correspondant au nom de marque demandé initialement accolé à un ou plusieurs termes génériques reprenant une des activités couvertes par votre marque
- Vous pouvez choisir de maintenir votre candidature en l’état et de rentrer dans une phase d’enchères avec votre concurrent, à condition que lui aussi maintienne sa candidature en l’état car il pourrait tout aussi bien se désister à votre avantage
- Enfin, vous pouvez abandonner votre candidature et bénéficier d’un remboursement partiel par l’ICANN
- Vous n’êtes pas seul à avoir candidaté pour votre chaîne de caractères, une candidature a été déposée pour un domaine de type générique. Dans ce cas être le détenteur d’une marque déposée et reconnue constitue généralement un avantage décisif pour que votre dossier l’emporte. Le titulaire de marque peut en effet faire une objection pour atteinte aux droits (Legal Rights Objection, LRO) contre la candidature générique.
Quels sont les risques si vous ne candidatez pas ?
Si vous ne saisissez pas l’opportunité de la fenêtre de candidature entre le 30 avril et le 12 août 2026, vous encourez le risque qu’une autre organisation obtienne l’unique extension internet au nom de votre marque, en catégorie « .marque » ou même « générique » si votre nom est un terme générique.
Vous perdez ainsi une opportunité d’importance stratégique sur le long terme, affaiblissez votre marque et augmentez le risque de confusion pour vos clients et prospects.
Pour les titulaires de marques déposer une candidature pour un .marque en 2026 est la meilleure décision. Ne rien faire augmente les risques à long terme. Il vaut mieux déposer que s’abstenir.
Quel est le principal enjeu stratégique ?
Pour les titulaires de marques déposer une candidature pour un .marque en 2026 est la meilleure décision. Ne rien faire augmente les risques à long terme. Il vaut mieux déposer que s’abstenir.
Pour résumer :
- agir = protection + contrôle + sécurité + avantage concurrentiel
- ne pas agir = risque de perte durable de territoire numérique + affaiblissement de sa marque
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