Le 30 avril 2026 et pour quelques semaines seulement, l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN) ouvrira une nouvelle fenêtre permettant aux organisations de candidater pour leur propre extension internet (appelées TLD – Top Level Domains ou « .marque »).
La précédente ouverture remonte à 2012, et aucune échéance n’est aujourd’hui annoncée pour une future phase de candidatures. Pour les directions marketing, techniques et juridiques des entreprises, c’est une décision à prendre dès maintenant ou renoncer potentiellement à cette opportunité stratégique rarissime.
Avant d’entrer dans les aspects opérationnels que nous abordons dans une seconde partie de questions/réponses, plusieurs questions clés permettent d’éclairer la décision. L’Afnic, référent français et européen des services de registres, répond aux questions les plus fréquemment posées.
Faut-il abandonner ou remplacer ses noms de domaine existants en .com, .net, .org… ?
Non, l’obtention d’une extension internet en .marque ne vous oblige pas à abandonner vos noms de domaine existants. Elle vient plutôt compléter et structurer votre stratégie de protection tout en apportant une réponse efficace aux futures évolutions d’internet qui attendent les organisations.
En pratique, vous pouvez conserver vos adresses actuelles en .com ou .fr pour protéger votre marque, préserver votre notoriété et assurer la continuité des services pour vos utilisateurs. Ces noms de domaine pourront continuer à servir de points d’entrée vers vos sites ou être redirigées vers de nouvelles adresses en .marque au fur et à mesure de l’évolution de votre écosystème numérique.
Cette approche progressive permet de capitaliser sur vos acquis (référencement, usages, visibilité) et de déployer votre .marque sans remise en cause de vos dispositifs existants.
Les deux approches « déploiement de votre .marque » et « défensive » sont donc complémentaires et non concurrentes.
Où consulter la liste complète des extensions déjà existantes ?
Près de 1 600 extensions internet sont actuellement actives. Plus de 1 200 ont été créées lors du précédent programme de 2012 dont 500 pour des marques.
Ces extensions couvrent :
- des pays (.fr, .de, .es, ai, .tv…),
- des villes ou régions (.paris, .london, .berlin, .nyc, .bzh, .corsica, .eus…),
- des génériques (.cars, .moto, .photo, .blue…),
- des professions, des secteurs d’activité ou des communautés (.dentist, , .bank, , .realestate, , .insurance, .catholic, .museum …)
- ainsi que des marques (.leclerc, .bnpparibas, .sncf, .canon, .aws, .orange…).
Les registres publics publiés par l’ICANN permettent d’identifier celles déjà actives : https://www.iana.org/domains/root/db ainsi que leur catégorie d’attribution.
Si vous souhaitez candidater pour votre propre extension internet, il convient de vérifier au préalable que le nom que vous voulez déposer (la chaîne de caractères) est disponible.
Cette analyse est essentielle pour évaluer les opportunités encore disponibles.
Combien coûte une candidature ?
Le tarif pour candidater à son .marque est de 227 500 $. Ce montant, demandé par l’ICANN, est basé sur le tarif de 2012, auquel a été ajoutée la moyenne de l’inflation mondiale.
Une enveloppe globale de 300 000 euros incluant les frais de candidature ainsi que les éventuels frais d’accompagnement de type conseil est à prévoir en année 1 (2026).
Les frais récurrents de type forfait, à prévoir pour l’exploitation de son extension sont de l’ordre de 50 000 € à 80 000 € à l’année. Ces frais inclus le forfait annuel avec l’ICANN (25 650 $), les frais de l’opérateur technique, du bureau d’enregistrement ou de l’opérateur de sauvegarde de données du registre.
Combien de caractères peut contenir une extension internet ?
Les règles définies par l’ICANN encadrent la longueur des extensions internet.
Une extension doit respecter les limites suivantes :
- Minimum : 3 caractères.
- Maximum : 63 caractères.
Ces caractères peuvent être composés de lettres de l’alphabet (a–z). Cela exclut les chiffres ou les caractères spéciaux tels que le tiret.
Les organisations qui envisagent une extension de type .marque doivent démontrer qu’elles sont titulaires de la marque concernée et que celle-ci est enregistrée dans la base de données dédiée aux marque de l’ICANN (TMCH).
En pratique, les marques qui candidatent choisissent presque toujours le nom exact de leur marque, bien que 4 chaînes optionnelles peuvent être demandées pour éviter les conflits entre des candidatures multiples.
Un tiers peut-il déposer un dossier pour une extension au nom d’une autre marque ? Ou de sa marque, bien qu’elle puisse être similaire à une autre ?
Toute organisation mondiale pourra candidater au programme proposé par l’ICANN, et ce, même si la chaîne de caractères demandée correspond à un nom de marque existant ou similaire.
Toute organisation qui ne justifie pas d’un certificat de marque valable pourra aussi candidater et prétendre exploiter l’extension internet demandée sur un modèle ouvert à tous, tant qu’elle ne viole pas clairement les droits de marque ou qu’aucune objection ne l’en empêche.
Anticiper une candidature reste donc la meilleure protection, particulièrement si le nom de votre marque est un nom commun de type générique (ex : .orange) ou si d’autres organisations connues portent le même nom la vôtre (homonymies).
Que se passe-t-il en cas de candidatures multiples pour une même chaîne de caractères ?
La justification de la marque au moment de la candidature intervient uniquement pour justifier du modèle de gestion unique par la marque qui exploitera les noms de domaine associés au .marque. Cela n’empêche pas d’autres organisations de candidater.
Si plusieurs candidats ayant déposé un dossier auprès de l’ICANN demandent la même extension, une procédure de résolution est mise en place avec, en premier lieu un changement de chaîne demandé par le candidat et en finalité une enchère privée visant à départager les candidats légitimes.
Les titulaires de droits peuvent également faire valoir leurs droits sur leurs marques enregistrées, bien que les chances de faire retirer un dossier, lui aussi légitime, soient minces.
Que se passe-t-il si une entreprise ne candidate pas pendant la fenêtre d’ouverture ?
Si une organisation ne candidate pas pendant la courte période ouverte par l’ICANN, elle devra attendre une éventuelle nouvelle phase d’ouverture pour pouvoir demander son extension en .marque.
En attendant, il existe un risque qu’un tiers disposant de droits sur un nom proche ou identique se positionne.
La précédente ouverture remontant à 2012, aucune date n’est annoncée pour un éventuel prochain programme. Le fonctionnement multipartite de l’ICANN fait qu’une prochaine ouverture pourrait être réalisée sous un délai de 10 à 15 ans.
Certaines extensions stratégiques pourraient être déjà attribuées d’ici là.
La décision revient donc souvent à arbitrer entre anticipation et attente incertaine.
Est-ce réservé aux grandes entreprises ?
Les extensions en .marque sont principalement demandées par des organisations disposant d’une marque forte et d’une présence internationale, car le projet représente un investissement et une démarche structurante.
Toutefois, il n’existe pas de critère lié à la taille de l’entreprise (lire notre article « PME : ne vous privez pas d’étudier l’opportunité d’un .marque ») : toute organisation titulaire de droits sur une marque peut, en principe, déposer une candidature.
L’exploitation d’une extension .marque peut-elle être rentable ?
La rentabilité dépend surtout de l’usage stratégique de l’extension.
Pour les organisations qui déploient massivement leur noms de domaine sous leur .marque, elle permettra de se séparer d’une multitude de noms de domaine enregistrés à des fins défensives et de simplifier la gestion de votre portefeuille de noms de domaine.
Mais la rentabilité est souvent indirecte : apport de sécurité, suppression des intermédiaires, image de marque, contrôle de l’écosystème.
Le .marque doit être analysée individuellement comme un actif numérique stratégique à moyen terme, et non comme un simple coût technique.
Pour en savoir plus, nous avons publié un article complet dédié au ROI du .marque : « Le retour sur investissement d’une extension internet de marque, un actif stratégique sous-estimé ».
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