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L’édition 2026 du FGI France : faire vivre un optimisme qui ne soit pas naïf

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Le 26/10/2026

Le 3 novembre 2026 se tient à Paris la prochaine édition du Forum sur la Gouvernance de l’Internet (FGI) – France.

À cette occasion, nous nous sommes entretenues avec Francesca Musiani, vice-présidente en charge de la recherche d’Internet Society France depuis 2017.

Quelle est la particularité de cette édition française du FGI ?

FM : Je trouve que cette édition a une particularité intéressante : elle articule les grandes questions de gouvernance mondiale d’Internet avec des enjeux très concrets, techniques, politiques et démocratiques. On parlera aussi bien de l’avenir des infrastructures et des transitions techniques que de souveraineté, de régulation européenne et de démocratie. C’est précisément ce qui fait l’intérêt du Forum de la gouvernance de l’Internet : réunir des acteurs qui n’ont pas nécessairement les mêmes métiers, les mêmes intérêts ni les mêmes points de vue, mais qui ont en commun de contribuer à façonner Internet.

Cette année, je retiens aussi la volonté de faire vivre un optimisme qui ne soit pas naïf : face aux tensions géopolitiques et aux risques de fragmentation du réseau, il s’agit de montrer que la coopération et une gouvernance multipartite restent possibles, et même indispensables.

Pour cette édition 2026, quels seront les grands thèmes abordés ?

Le programme reflète bien les grandes tensions qui traversent aujourd’hui Internet. Il y aura d’abord la question de la souveraineté numérique, avec un atelier consacré aux rivalités géopolitiques et à la manière de protéger les infrastructures critiques (des câbles sous-marins au DNS), sans fragmenter le réseau mondial. Nous aborderons aussi les transitions techniques, la simplification de la régulation européenne et les questions d’intelligence artificielle, notamment dans la formation. Enfin, une grande plénière sera consacrée à Internet et à la démocratie, à quelques mois de l’élection présidentielle : désinformation, ingérences, manipulations algorithmiques, mais aussi possibilités de participation citoyenne.

Ce qui relie ces sujets, c’est une question fondamentale : comment garder la maîtrise collective des évolutions du numérique, sans sacrifier ni la sécurité, ni l’ouverture, ni les libertés ?

C’est aussi ce que nous voulons mettre en discussion dans l’atelier que je co-coordonne : comment renforcer la résilience et la maîtrise des infrastructures sans perdre ce qui fait la force d’un Internet global et interopérable.

Le FGI a récemment fêté ses 20 ans : quel serait votre vœu ?

Mon vœu serait que, pour ses vingt prochaines années, le FGI continue à faire vivre une conviction qui est aujourd’hui plus importante que jamais : Internet ne doit pas être gouverné par quelques États ou quelques grandes entreprises, mais par une pluralité d’acteurs capables de dialoguer et de construire des solutions ensemble. Ce modèle multipartite est mis à l’épreuve par les rivalités géopolitiques, la concentration des infrastructures et les logiques de fragmentation. Il faut donc le faire vivre, le renouveler et lui donner les moyens de peser réellement sur les décisions.

Je souhaiterais aussi que nous gardions une capacité à imaginer des alternatives : des infrastructures ouvertes, des communs numériques, des formes de coopération qui renforcent notre autonomie sans nous enfermer dans des espaces nationaux ou régionaux cloisonnés.

En somme, que le FGI reste un lieu où l’on ne se contente pas de constater les transformations d’Internet, mais où l’on se donne collectivement les moyens d’agir sur son avenir.