L’édition 2025 de l’analyse annuelle « Le marché des noms de domaine dans le monde » est parue. Cette étude menée par l’Afnic, le registre du .fr et des domaines internet ultramarins français, livre les chiffres d’un marché mondial en forte croissance en 2025. Cet observatoire décrypte également les signaux à suivre pour les prochaines années, notamment l’impact de l’IA et les nouvelles extensions internet personnalisées lors de la 2ème fenêtre de candidature de l’ICANN.
Le marché mondial des noms de domaine représentait à fin 2025 environ 395 millions de noms de domaine (+ 6,2 %sur 1 an), dont :
- 165 millions de .COM (+ 2,9 %) ;
- 34 millions « d’Autres Legacy TLD » (NET, ORG, BIZ, INFO, etc.) (+ 7,0 %) ;
- 54 millions de « nouveaux TLD » créés à partir de 2014 (+ 28,9 %) ;
- 142 millions de ccTLD (extensions dites « géographiques ») (+ 1,9 %).
À fin 2025, le marché mondial des noms de domaine représente environ 395 millions de noms de domaine enregistrés, en hausse de +6,2 % sur un an.
Cette croissance marque une nette accélération après +1,5 % en 2024 et +3,3 % en 2023. Elle doit toutefois être lue avec prudence, la performance globale étant en effet largement tirée par un nombre limité d’extensions très dynamiques, en particulier parmi les nTLD (new Top-Level Domain). Ces « nouveaux » domaines de premier niveau, créés à partir de 2014, regroupent différents segments dont les geoTLD (.bzh, .paris, .alsace, .corsica, etc.), les extensions correspondant à des marques (.mma, .leclerc, etc.), les extensions à caractère communautaire et les extensions génériques (termes usuels du dictionnaire).
Après deux années difficiles, le .COM repart à la hausse en 2025
- 165 millions de noms, en croissance de +2,9 % (2024 : -2,0 %, 2023 : -0,7 %).
- Un solde net de +4,6 millions de noms.
- Une part de marché à 42 %, en recul (2024 : 43 %, 2023 : 44 %).
- Un taux de maintenance à 78 %, en amélioration (2024 : 76 %).
Ce rebond reste néanmoins à confirmer. La performance 2025 du .COM est en effet en partie liée aux efforts promotionnels de Verisign (la société en charge du .COM) et à l’absence de hausse tarifaire sur l’année, alors qu’une nouvelle augmentation est prévue en 2026.
Autres Legacy Top-Level-Domains : une croissance portée par quelques extensions
Les « Legacy » sont les extension génériques créées avant 2014, comme les .COM, .NET, .ORG, .INFO, .BIZ, .MOBI, etc.
- 34 millions de noms, en hausse de +7,0 % (2024 : +0,6 %, 2023 : +0,5 %).
- Un solde net à +2,2 millions de noms.
- Une progression réelle, mais concentrée sur quelques extensions :
- .INFO : 5,5 millions de noms, soit +38 %, créations en hausse de +130 %.
- .PRO : 1,1 million de noms, soit +33 %, créations en hausse de +35 % .
- .MOBI : 429 000 noms, soit +74 %, créations en hausse de +755 %.
- .ASIA : 416 000 noms, soit +13 %, créations en hausse de +22 %.
- À l’inverse, .NET recule de -2 % et .BIZ de -1 %.
Prudence ici aussi : les fortes hausses de créations peuvent refléter des campagnes commerciales efficaces, mais elles poseront la question de la qualité des enregistrements et du niveau de renouvellement en 2026. D’autant plus que les Autres Legacy les plus dynamiques sont aussi souvent ceux qui affichent les taux de maintenance les plus faibles, notamment
.ASIA (45,2 %) et .PRO (47,3 %).
ccTLD : une croissance stable, des dynamiques régionales contrastées
Les ccTLD (country-code Top-Level Domains) sont les extensions de premier niveau correspondant à un territoire ou à un pays. Par exemple, le .fr est le ccTLD correspondant à la France.
- 142 millions de noms enregistrés sous les ccTLD en 2025, en hausse de +1,9 %
(2024 : +1,9 %, 2023 : +3 %) - Un solde net à +2,6 millions de noms.
- Une part de marché à 36 %, en recul (2024 : 37 %, 2023 : 38 %).
- Des dynamiques régionales contrastées :
- Afrique : +5,6 %, la plus forte croissance régionale pour les ccTLD.
- Amérique latine et Caraïbes : +4,0 %, portée notamment par le .AI qui gagne environ 500 000 noms et progresse de +74 %.
- Asie-Pacifique : +3,2 %, en décélération par rapport à 2024 (+4,3 %).
- Europe : +0,9 %, une croissance modérée mais un leadership toujours net, avec 77,2 millions de noms et 54,4 % du marché des ccTLD.
- Amérique du Nord : -2,1 %, seule région en recul parmi les ccTLD.
Les ccTLD restent le premier segment toutes extensions confondues dans toutes les grandes régions du monde, sauf en Amérique du Nord. Ils représentent en effet 66 % des noms de domaine en Afrique, 71 % en Amérique latine et Caraïbes, 49 % en Asie-Pacifique, 60 % en Europe, contre seulement 4 % en Amérique du Nord où le .COM domine avec 67 % de part de marché. L’Europe demeure par ailleurs la région où les ccTLD sont les plus établis, concentrant 17 des 34 ccTLD de plus d’un million de noms.
nTLD : le moteur de la croissance en 2025
Ces nouveaux domaines créés à partir de 2014 ont tiré la croissance en 2025 :
- 54 millions de noms, soit une croissance de +28,9 % (2024 : +17 %, 2023 : +16 %).
- Un solde net de +12 millions de noms, soit 56 % du solde net global.
- Une part de marché record de 14 % (2024 : 11 %, 2023 : 10 %).
- Une croissance avant tout portée par les nTLD génériques, qui gagnent 12,1 millions de noms, soit +30 %, avec des créations en hausse de +36 %. Parmi eux notamment, le .XYZ (+4,3 millions de noms) et le .TOP (+3 millions de noms).
Les .Marque (extension internet personnalisée au nom d’une marque) font également partie des nTLD. Avec l’ouverture en 2026 de la 2e fenêtre de candidature de l’ICANN à de nouvelles extensions internet personnalisées, ce segment prend une résonance particulière.
Perspectives 2026
Après une année 2025 en forte croissance, l’enjeu est désormais de comprendre ce qui pourrait, en 2026 et dans les années à venir, soutenir ou fragiliser cette dynamique. L’observatoire met en avant deux facteurs à suivre de près : l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur les usages et les modèles économiques du secteur, et l’ouverture de la 2ème fenêtre de candidature de l’ICANN à de nouvelles extensions internet personnalisées.
L’intelligence artificielle pourrait tout d’abord représenter une opportunité pour le marché des noms de domaine, en rendant la création de sites internet plus simple et moins coûteuse. Les outils de développement assisté permettent déjà à des utilisateurs non techniciens de créer plus facilement des sites web, un phénomène également appelé « Vibe Coding ». Cela pourrait d’ores et déjà expliquer une partie de la hausse des créations observée en 2025 et s’intensifier dans les années à venir.
Mais l’IA apporte aussi de nouvelles incertitudes. En limitant le besoin de consulter directement certains sites, les agrégateurs IA peuvent réduire les visites vers des acteurs dont le modèle repose sur le trafic, les pages vues ou la conversion. À terme, cette évolution pourrait peser sur l’intérêt économique de certains sites et donc sur les créations ou renouvellements de noms de domaine.
Par ailleurs, la 2e fenêtre de candidature à une extension internet personnalisée de l’ICANN est désormais ouverte, près de quinze ans après le premier Round de 2012. Depuis le 30 avril dernier et jusqu’au 12 août prochain, les organisations peuvent déposer une candidature pour obtenir leur propre extension internet (.Marque).
Les effets de ce grand rendez-vous ne seront pas immédiats, puisque les premiers nouveaux TLD issus de ce cycle ne sont pas attendus avant fin 2027 au plus tôt. Ils viendront toutefois renforcer un marché des .Marque aux indicateurs solides, même s’il reste encore limité en volume :
Les noms de domaine pourraient notamment gagner en valeur en tant que « sources d’autorité » pour qualifier les contenus fiables dans les réponses générées par l’IA. Mais cela pourrait aussi favoriser un marché plus polarisé, entre quelques noms très stratégiques et une masse de noms plus secondaires, donc plus susceptibles d’être abandonnés.
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À propos de l'Afnic
L’Afnic est l’Association Française pour le Nommage Internet en Coopération. Elle est l’office d’enregistrement désigné par l’État pour la gestion des noms de domaine en .fr. L’Afnic gère également les extensions ultramarines .re (Île de la Réunion), .pm (Saint-Pierre et Miquelon), .tf (Terres australes et antarctiques Françaises), .wf (Wallis et Futuna) et .yt (Mayotte).
Outre la gestion des extensions françaises de l’internet, le rôle de l’Afnic s’inscrit dans une mission d’intérêt général plus large, qui consiste à contribuer au quotidien, grâce aux efforts de ses équipes et de ses membres, à un internet sûr et stable, ouvert aux innovations et où la communauté internet française joue un rôle de premier plan. Ainsi, l’Afnic, association à but non lucratif, s’engage à verser annuellement 11 % de son Chiffre d’Affaires lié aux activités du .fr à des actions d’intérêt général, en affectant notamment 1,3 million d’Euros minimum chaque année à la Fondation Afnic pour la Solidarité numérique.
L’Afnic est également l’opérateur technique de registre d’entreprises et collectivités ayant choisi d’avoir leur propre extension, telle que .paris, .bzh, .alsace, .corsica, .mma, .ovh, .leclerc ou .sncf.
Fondée en 1997 et basée à Saint-Quentin-en-Yvelines, l’Afnic compte aujourd’hui près de 90 collaborateurs.