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Internet des objets (volet 1) – l’interopérabilité et ses limites : comment l’Afnic propose d’y répondre ...

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Le 22/03/2022

Acteur majeur de l’internet et experte du DNS, l’Afnic œuvre depuis plus de 10 ans dans des projets dédiés à l’internet des objets. Si les technologies qui émergent dans le secteur de l’IdO sont nombreuses, il est intéressant de constater qu’il reste encore à améliorer, voire construire des pans essentiels à son adoption « massive ».

Cette série de publications vise à exposer la vision de l’Afnic sur l’internet des objets, et comment ses différents travaux peuvent contribuer à lever des verrous technologiques capables de résoudre des problèmes métiers.

Le 17/02/22, France Stratégies publiait un rapport intitulé « Le Monde de l’Internet des objets, des dynamiques à maîtriser ». Particulièrement riche en informations de par l’étude et les cas d’usage sur lesquels il s’appuie, ce rapport apporte de nombreux éléments de marché qui permettent d’appréhender l’écosystème de l’internet des objets (appelé « IdO » ou encore « IoT ») et ses grands enjeux.

Dans son rapport, France Stratégies mentionne l’Afnic dans le chapitre de l’interopérabilité, un enjeu majeur de l’IdO auquel nous consacrons ce billet.

Les nombreux travaux de recherche et les études que nous avons menés depuis plusieurs années nous ont convaincus que la technologie DNS, notre cœur de métier, peut venir soutenir les services d’autres technologies et notamment l’IdO. De quelles manières ? En résolvant des problématiques terrain rencontrées par les acteurs de l’IdO et les industriels ayant implémenté une solution IdO, tout en y apportant de la valeur. C’est à ce titre que les équipes de l’Afnic ont élaboré une solution de nommage de l’Internet des Objets, capable de répondre aux limites actuelles de l’interopérabilité.

L’interopérabilité : un enjeu majeur à relever dans l’internet des objets

La nature diverse du marché de l’IdO et le développement rapide dont il fait l’objet conduisent à l’essor de plusieurs technologies IdO qui ne sont pas interopérables. L’interopérabilité désigne la capacité pour un réseau à communiquer avec des objets, quelle que soit la technologie, le protocole de communication ou encore l’identification de l’objet en question.

Ce n’est pas le cas pour la plupart des différentes technologies IdO présentes sur le marché aujourd’hui. Le résultat est un grand nombre de silos IdO isolés qui ne peuvent pas communiquer ou qui nécessiteraient un effort énorme pour le faire.

Exemple : Pour envoyer un e-mail depuis un ordinateur portable, il convient de se connecter à internet via le câble ethernet d’une box, le wifi d’un cybercafé ou bien la 4G et une carte sim. Le service d’e-mail, quant à lui, a besoin d’une adresse et d’une connectivité pour envoyer l’e-mail au bon destinataire. Grâce à l’interopérabilité, les applications peuvent fonctionner quelles que soient les couches de transport. C’est tout le travail mené par les ingénieurs qui ont conçu et développé internet depuis sa création. L’IdO a encore du chemin à parcourir pour se baser sur les mêmes principes et utiliser le « I » d’« internet ».

Les problématiques actuelles de l’interopérabilité font qu’elle est considérée comme un frein au déploiement de certains projets IdO en mobilité à l’international. Selon McKinsey & Company, « l’interopérabilité pourrait débloquer plus de 4 000 milliards de dollars par an en termes d’impact économique potentiel de l’utilisation de l’IdO d’ici 2025 ». Les enjeux sont donc réels.

L’interopérabilité : une problématique présente à des étapes clés de la chaîne de valeur de l’internet des objets

Afin d’expliquer comment fonctionne l’IdO, il convient d’identifier les différents maillons de la chaîne qui permettent à un objet d’être connecté et de transmettre des données.

La chaîne de valeur de l’IoT est composée de 4 maillons : les objets (et leurs identifiants), la connectivité, les plateformes d’intégration et les applications. En l’occurrence, l’interopérabilité est une problématique qui concerne les deux premiers maillons, à savoir les objets et la connectivité, et ce pour les raisons suivantes :

  • Si les possibilités d’identification des objets sont aujourd’hui multiples (QR code, puce RFID, code-barre, etc.), il n’existe à ce jour pas de convention unique de nommage. Cela entraîne, par conséquent, des difficultés de reconnaissance des objets pour les différents opérateurs et réseaux. À titre d’exemple : si un industriel implémente une solution IdO, ce dernier devra gérer une relation multi-acteurs complexe et chronophage qui impliquera en plus une dépendance à son opérateur d’origine.
  • L’IdO est constitué de dispositifs, de réseaux et d’applications hétérogènes. Un objet connecté en itinérance ne peut pas se connecter à tous les réseaux de manière simple et transparente. Pour que l’objet puisse être interopérable via différents réseaux, l’utilisateur ou un opérateur doit souscrire à différents services passerelles ou HUB de Roaming[1] coûteux.

L’exemple des enjeux de traçabilité des marchandises dans le secteur des transports

Dans les domaines de la logistique et des transports notamment, la traçabilité des marchandises représente plusieurs enjeux pour une entreprise :

  • Un enjeu d’optimisation de la chaîne logistique : en ayant connaissance en temps réel des déplacements des moyens de transport utilisés, alors équipés de capteurs (état du chargement, analyse de la consommation d’énergie et impact environnemental associé, etc.).
  • Un enjeu de satisfaction client : grâce à ces données, le gain de traçabilité ajoute une valeur ajoutée aux attentes des clients en termes de suivi des étapes de leur livraison.

Pour qu’elle puisse connecter ses objets (moyens de transport ou colis) à l’international, l’entreprise doit passer par différents réseaux et souscrire à une offre d’itinérance, généralement onéreuse. Une perte de connexion de ses objets (alors connectés à un réseau en mobilité) pourrait engendrer une perte d’informations potentiellement préjudiciable pour ses clients et elle-même.

Le système de nommage proposé par l’Afnic, une réponse au problème d’interopérabilité

Certains outils ont été déployés entre fournisseurs de solutions mais nous pensons qu’ils ne sont pas suffisamment adaptés ni dimensionnés pour une utilisation généralisée. Que l’on parle en nombre d’utilisateurs, en nombre de solutions de gestion IdO ou en nombre de réseaux, le passage à l’échelle de l’IdO requiert des infrastructures stables, sûres et interopérables, comme l’internet.

L’Afnic propose que l’IdO s’appuie sur la technologie DNS pour uniformiser son nommage. Avec la mise en place d’une identification de l’objet via le DNS (le rendant ainsi reconnaissable par un ensemble d’applications et de réseaux), le nommage devient homogène. Chaque objet est enregistré dans le registre IdO du DNS et identifié sous la forme d’un nom de domaine ou d’un sous-domaine dédié. Le DNS étant le système unique de nommage pour internet, l’objet enregistré devient compatible avec tous les opérateurs réseaux, et donc interopérable.

En répondant aux problématiques d’hétérogénéité des objets et des réseaux, le DNS peut ainsi apporter une solution de taille à la chaîne de valeur de l’internet des objets.


1 – Dans l’internet des objets, le Roaming désigne la capacité d’un capteur IdO à transmettre des données à un autre réseau que celui sur lequel il est activé (sur un territoire étranger par exemple).